Ah, le sot l’y laisse de dinde… Ce nom étrange cache l’un des morceaux les plus précieux de la volaille. Une chair tendre comme un filet mignon miniature, juteuse à souhait, et d’une saveur incomparable. Deux petites noix nichées de part et d’autre de la colonne vertébrale, juste au-dessus du croupion — que seuls les gourmets avertis savent débusquer. Autrefois laissé dans la carcasse par ignorance (d’où son nom facétieux), le sot l’y laisse est aujourd’hui recherché, parfois même vendu à part chez les bons bouchers.
Ici, à Maison Sireix, nous proposons de le cuisiner dans une sauce crémeuse au vin blanc, où l’acidité délicate du vin rencontre la douceur veloutée de la crème. Une recette raffinée mais simple, qui sublime ce trésor culinaire sans le dénaturer. Parfait pour un dîner en famille ou pour épater vos convivives avec discrétion.
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 35 minutes
Nombre de portions : 4 personnes
Ingrédients
Pour cette recette, rassemblez :
- 300 g de sot l’y laisse de dinde
- 50 ml de vin blanc sec (un Montlouis-sur-Loire ou un Vouvray fera merveille)
- 150 ml de fond de volaille maison ou de qualité
- 100 ml de crème fraîche entière
- 20 g de beurre demi-sel
- 2 gousses d’ail frais
- 1 échalote
- 2 cuillères à soupe d’huile d’olive
- Sel fin et poivre du moulin
- Persil plat frais, haché finement
- En option : 150 g de champignons de Paris ou de girolles
Préparation
Étape 1 : Dorer les sot l’y laisse
Dans une sauteuse, faites chauffer les 2 cuillères à soupe d’huile d’olive à feu moyen-vif. Lorsque l’huile commence à frémir, déposez délicatement les morceaux de sot l’y laisse. Laissez-les dorer environ 3 minutes de chaque côté, jusqu’à obtenir une belle coloration dorée. Cette étape scelle la chair et conserve son jus à l’intérieur. Retirez les morceaux et réservez-les dans une assiette.
Étape 2 : Préparer la base aromatique
Pendant que la viande repose, épluchez et hachez finement l’échalote et les gousses d’ail. Si vous utilisez des champignons, nettoyez-les simplement avec un linge humide (pas d’eau qui les gorgerait inutilement) et émincez-les en lamelles régulières.
Étape 3 : Faire fondre les aromates
Dans la même sauteuse, ajoutez le beurre. Laissez-le fondre doucement, puis ajoutez l’échalote et l’ail hachés. Faites-les suer à feu doux pendant 2 à 3 minutes, en remuant régulièrement avec une cuillère en bois. Les aromates doivent devenir translucides et libérer leur parfum sans prendre couleur. Si vous avez choisi d’ajouter des champignons, c’est le moment de les incorporer. Laissez-les cuire jusqu’à ce qu’ils rendent leur eau et qu’elle s’évapore presque complètement — comptez environ 5 minutes.
Étape 4 : Déglacer au vin blanc
Versez les 50 ml de vin blanc sec dans la sauteuse. Montez légèrement le feu et grattez le fond avec votre cuillère en bois pour récupérer tous les sucs caramélisés — c’est là que se cache une grande partie du goût. Laissez le vin réduire de moitié, environ 2 minutes. L’alcool s’évapore, ne reste que cette acidité fruitée qui va équilibrer la crème.
Étape 5 : Ajouter le fond de volaille
Versez maintenant le fond de volaille dans la sauteuse. Mélangez bien et portez à frémissement. Replacez les morceaux de sot l’y laisse dans la sauce, baissez le feu et couvrez à moitié. Laissez mijoter doucement pendant 25 à 30 minutes. La chair doit devenir fondante, presque confite dans cette sauce qui s’intensifie peu à peu.
Étape 6 : Lier avec la crème
Au bout de 30 minutes, retirez le couvercle et versez la crème fraîche. Mélangez délicatement en tournant la sauteuse (plutôt qu’avec une cuillère, pour ne pas casser les morceaux). Laissez épaissir la sauce à feu doux pendant 3 à 4 minutes. Elle doit napper légèrement le dos d’une cuillère. Goûtez, rectifiez l’assaisonnement en sel et en poivre selon votre goût.
Étape 7 : Finition
Juste avant de servir, parsemez généreusement de persil plat frais haché. Cette touche verte apporte de la fraîcheur et du contraste visuel. Servez directement dans la sauteuse ou dressez dans des assiettes creuses, bien chaudes.
Conseils et accompagnements
Variantes gourmandes
Le sot l’y laisse se prête merveilleusement à plusieurs déclinaisons :
- Version forestière : Ajoutez des cèpes séchés réhydratés ou des girolles fraîches pour un parfum boisé prononcé.
- Touche croquante : Parsemez d’éclats de noisettes torréfiées ou d’amandes effilées grillées juste avant de servir.
- Note sucrée-salée : Incorporez une poignée de raisins secs blonds ou quelques pignons de pin légèrement dorés à la poêle.
- Aromates chics : Remplacez le persil par de l’estragon frais ciselé pour une note anisée élégante.
Accompagnements recommandés
Ce plat s’accorde parfaitement avec des accompagnements simples qui absorbent la sauce onctueuse :
- Semoule de blé fine, préparée au beurre
- Pommes de terre vapeur écrasées grossièrement à la fourchette
- Riz pilaf aux vermicelles dorés
- Tagliatelles fraîches nature ou au beurre
- Haricots verts cuits à l’anglaise ou pois gourmands sautés pour une touche de fraîcheur et de couleur
Accord avec le vin
Pour magnifier cette recette, privilégiez un vin blanc charnu et équilibré :
- Montlouis-sur-Loire ou Vouvray : accessibles, ronds et frais à la fois
- Chassagne-Montrachet pour les grandes occasions : élégant, noble, avec cette minéralité bourguignonne
- IGP Alpilles pour une version plus méditerranéenne si vous ajoutez des épices
Comme une conversation réussie, chaque élément doit dialoguer sans dominer l’autre. Le vin répond à la crème, la crème adoucit le vin, la dinde apporte sa texture… un équilibre délicat et gourmand.
