Il y a des graines qu’on croise sans les connaître vraiment. La larme de Job en fait partie. Nacrée, discrète, elle ressemble à une petite perle végétale et pourtant, elle cache des trésors : une richesse nutritionnelle impressionnante, une polyvalence étonnante en cuisine, et une douceur qui fait du bien au corps comme à l’esprit. Venue d’Asie, utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise, elle mérite aujourd’hui sa place dans nos placards, aux côtés du riz, de l’orge ou du quinoa. Voici comment la préparer, la cuisiner et profiter pleinement de ses bienfaits.
Temps de préparation : 10 minutes (+ trempage de 2h à 12h)
Temps de cuisson : 40 à 60 minutes
Nombre de portions : 4 personnes
Ingrédients
- 200 g de larmes de Job (trempées minimum 2h, idéalement une nuit)
- 1 L de bouillon (légumes ou volaille)
- 1 oignon jaune
- 2 carottes
- 1 branche de céleri
- 1 cm de gingembre frais râpé
- 150 g de blancs de poulet (facultatif)
- 1 c. à soupe d’huile de sésame
- Ciboule ou coriandre fraîche
- Sel et poivre
Préparation
Étape 1 : le trempage
Commencer par rincer les graines à l’eau froide, puis les faire tremper dans un grand volume d’eau. Deux heures suffisent si l’on est pressé, mais une nuit entière permet d’obtenir une texture plus fondante. Ce trempage ramollit l’enveloppe dure de la graine et réduit considérablement le temps de cuisson.
Étape 2 : la cuisson des graines
Égoutter et rincer les larmes de Job. Les verser dans une casserole avec le bouillon porté à ébullition. Baisser le feu et laisser mijoter doucement pendant 40 à 50 minutes. Les graines doivent être tendres, fondantes, presque crémeuses. Leur texture rappelle alors celle d’un risotto ou d’un porridge bien cuit.
Étape 3 : préparer la garniture aromatique
Pendant ce temps, éplucher et émincer l’oignon. Couper les carottes en petits dés, ainsi que le céleri. Râper finement le gingembre frais. Dans une poêle ou une sauteuse, faire chauffer l’huile de sésame et y faire revenir l’oignon jusqu’à ce qu’il devienne translucide. Ajouter les carottes, le céleri et le gingembre, puis laisser mijoter quelques minutes.
Étape 4 : ajouter le poulet (facultatif)
Si l’on souhaite une version plus riche en protéines, couper les blancs de poulet en petits morceaux et les ajouter dans la poêle. Laisser dorer quelques minutes, en remuant régulièrement, jusqu’à ce qu’ils soient bien cuits à cœur.
Étape 5 : mélanger et assaisonner
Une fois les larmes de Job cuites, les égoutter légèrement si nécessaire (garder un peu de bouillon pour la souplesse), puis les incorporer à la préparation dans la poêle. Mélanger délicatement, saler, poivrer selon les goûts. Ajouter la ciboule ou la coriandre fraîche ciselée juste avant de servir.
Étape 6 : dressage
Servir bien chaud, dans des bols ou des assiettes creuses. Ce plat se suffit à lui-même, mais il peut aussi accompagner un poisson vapeur, une viande blanche ou des légumes grillés.
Qu’est-ce que la larme de Job ?
La larme de Job est une petite graine nacrée, brillante, à l’allure de perle végétale. Son nom botanique est Coix lacryma-jobi, mais on la connaît aussi sous les appellations d’herbe à chapelet ou de Yi Yi Ren en Chine. Originaire d’Asie, elle pousse sur des tiges solides qui rappellent celles du maïs. La plante, tropicale, produit en fin d’été ou début d’automne des fruits durs et gris, que l’on peut sécher au soleil.
Chaque graine est protégée par une coque très résistante, qu’il faut retirer pour accéder à la partie comestible. Cette coque, lisse et résistante, est d’ailleurs utilisée depuis toujours pour fabriquer des bijoux artisanaux : bracelets, colliers, chapelets. En Asie, la larme de Job fait partie de la pharmacopée traditionnelle depuis des siècles, appréciée autant pour ses vertus médicinales que pour sa polyvalence culinaire.
Son goût est doux et neutre, avec une légère saveur de noisette qui apparaît à la cuisson. Elle absorbe merveilleusement bien les saveurs des aliments avec lesquels elle est cuisinée : bouillons, épices, aromates. Sa texture, une fois bien cuite, est fondante et agréable en bouche, presque crémeuse, ce qui en fait une base idéale pour des plats réconfortants.
Comment utiliser les larmes de Job en cuisine ?
La larme de Job se cuisine comme n’importe quelle céréale : riz, orge, épeautre. Elle s’adapte aussi bien aux préparations salées que sucrées, et se prête à une multitude de recettes, simples ou élaborées.
Au petit-déjeuner
En porridge sucré ou salé, cuit dans du lait végétal (amande, coco, avoine) ou dans un bouillon léger. On peut y ajouter des fruits secs, du miel, de la cannelle, ou au contraire des herbes fraîches et un œuf mollet pour une version salée.
Dans les soupes et bouillons
Les larmes de Job apportent du corps et de la texture aux soupes. Elles se marient particulièrement bien avec les bouillons de légumes, de volaille ou de poisson. On peut aussi les intégrer dans des plats mijotés, type pot-au-feu végétal ou ragoût.
En salade
Cuites et refroidies, elles se transforment en base parfaite pour une salade froide ou tiède, façon taboulé. Il suffit d’ajouter des légumes croquants, des herbes fraîches, un filet d’huile d’olive et du citron.
En accompagnement
Elles remplacent avantageusement le riz blanc ou les pâtes. Servies nature ou agrémentées d’épices, elles accompagnent viandes, poissons et légumes avec élégance.
En lait végétal ou tisane
Mixées puis filtrées, elles donnent un lait végétal doux et crémeux. Séchées, torréfiées ou broyées, elles se transforment en tisane ou en infusion médicinale, souvent associées au lotus, au gingembre ou à d’autres plantes.
Dans les desserts
En Asie, on les retrouve dans des desserts sucrés, servis avec du lait de coco, des perles de tapioca et des fruits frais. Une manière originale de terminer un repas tout en douceur.
Et le vin chaud « Larme de Job » ?
Attention à la confusion : le vin chaud « Larme de Job » n’a rien à voir avec la graine ! Il s’agit d’une boisson traditionnelle du Limousin, en France, héritée d’une légende médiévale. Selon la tradition, les larmes du personnage biblique Job auraient été recueillies et transformées en une boisson réconfortante, destinée à apaiser les esprits meurtris.
Cette boisson, servie chaude en hiver, se prépare à partir de vin rouge corsé, agrémenté d’épices douces et réconfortantes.
Recette du vin chaud « Larme de Job »
Ingrédients :
- 1 L de vin rouge corsé
- 200 g de sucre
- 1 bâton de cannelle
- Zeste d’orange ou de citron
- 4 clous de girofle
- 1 c. à café de gingembre en poudre
- 1 c. à café de muscade râpée
- 1 c. à café de cardamome
- 1 étoile de badiane (anis étoilé)
Préparation :
Verser le vin dans une casserole avec le sucre et les épices. Chauffer à feu très doux, sans jamais faire bouillir, afin de préserver les arômes et d’éviter l’évaporation de l’alcool. Laisser infuser 15 à 20 minutes en remuant de temps en temps. Filtrer à l’aide d’une passoire fine ou d’un chinois, puis servir bien chaud dans des tasses ou des verres adaptés.
Ce vin chaud se déguste au coin du feu, lors des soirées d’hiver, ou en fin de repas, comme un digestif parfumé et chaleureux.
Astuces et variantes
Pour une version encore plus savoureuse, cuire les larmes de Job dans un bouillon épicé : curry doux, curcuma, sauce soja, miso. Les graines absorbent tous les parfums et se parent d’une couleur dorée très appétissante.
En été, tenter la soupe glacée aux larmes de Job : mixer les graines cuites avec un bouillon froid, du yaourt nature, du citron et des herbes fraîches. Servir très frais, garni de concombre et de menthe.
Pour un effet détox, ajouter du thym citronné, du gingembre frais ou du curcuma à la cuisson. Ces plantes renforcent les propriétés drainantes et anti-inflammatoires de la graine.
En dessert, associer les larmes de Job à du lait de coco, des fruits frais (mangue, litchi, ananas), du miel ou du sirop d’érable. Une version sucrée et exotique qui ravira les palais curieux.
